
Intervention de l’UNSA lors de la Formation Spécialisée ministérielle du 7 juillet 2026 concernant la canicule et l’adaptation des locaux aux fortes chaleurs.
Cette Formation spécialisée ministérielle se tient dans un contexte particulier. Depuis plusieurs semaines, notre pays connaît des épisodes de fortes chaleurs d’une intensité et d’une durée inédites. Ce qui était encore considéré il y a quelques années comme exceptionnel devient progressivement notre nouvelle normalité.
Le changement climatique n’est plus une perspective lointaine ; il modifie déjà profondément les conditions dans lesquelles les agents exercent leurs missions. Cette réalité nous oblige collectivement à repenser notre approche de la santé et de la sécurité au travail.
Pour l’UNSA , il est désormais temps de changer de paradigme.
Nous ne pouvons plus nous contenter de gérer les épisodes caniculaires au gré des vigilances météorologiques ou des circulaires d’urgence.
Nous devons construire une véritable politique d’adaptation des conditions de travail aux conséquences du changement climatique.
Cela suppose d’anticiper plutôt que de réagir.
Cela suppose de repenser nos bâtiments, de revoir l’organisation du travail, de développer le télétravail lorsque les conditions le justifient, de protéger les agents les plus exposés, de limiter le travail isolé lors des épisodes de chaleur extrême et d’investir dans des équipements de protection adaptés.
Comme dit lors du CSAM, il est désormais indispensable d’engager un état des lieux exhaustif de l’ensemble des locaux accueillant des agents, afin d’évaluer objectivement leur capacité à garantir des conditions de travail compatibles avec les exigences de santé et de sécurité, notamment lors des épisodes de fortes chaleurs.
Nous demandons qu’une campagne d’inspection soit conduite par les inspecteurs Santé et Sécurité au Travail, donnant lieu à un rapport national identifiant les situations à risque, les insuffisances en matière de ventilation, de renouvellement de l’air, de climatisation, d’accès à l’eau et de protection contre la chaleur.
Ce diagnostic doit constituer la base d’un véritable plan d’action, assorti d’un calendrier de travaux et de financements, afin de mettre en conformité les locaux les plus exposés.
Demain, la qualité thermique des bâtiments, la capacité à protéger les agents travaillant en extérieur ou à adapter rapidement l’organisation des services seront des critères essentiels de la qualité de vie au travail.
Les sujets inscrits à notre ordre du jour illustrent d’ailleurs parfaitement cette évolution. Les risques psychosociaux restent le premier risque professionnel, les outils de prévention se modernisent, la politique immobilière doit intégrer de nouvelles contraintes, tandis que les effets du changement climatique deviennent désormais un enjeu majeur de santé au travail.
Nous saluons les avancées réglementaires intervenues ces derniers mois. Elles traduisent une prise de conscience bienvenue. Mais elles ne constitueront une véritable avancée que si elles se traduisent rapidement par des décisions concrètes dans les services.
Les agents n’attendent pas seulement des recommandations. Ils attendent de travailler dans des locaux adaptés, de disposer des équipements nécessaires, de voir leur organisation du travail évoluer lorsque leur santé est en jeu et de pouvoir exercer leurs missions dans des conditions compatibles avec les exigences de sécurité auxquelles l’employeur est tenu.
Pour l’UNSA, la prévention ne peut plus être pensée uniquement comme une réponse aux risques d’hier. Elle doit anticiper les défis de demain.
Notre ambition est claire : faire de notre ministère un employeur exemplaire, capable de protéger ses agents face aux transformations du travail, aux évolutions numériques, aux risques psychosociaux, mais aussi aux conséquences désormais bien réelles du changement climatique.